
Sur une pension de retraite, la CSG est retenue à la source chaque mois, y compris sur le versement de février. En France métropolitaine, elle s’applique selon trois taux : 8,3 % (taux normal), 6,6 % (taux médian) et 3,8 % (taux réduit), avec une exonération totale possible pour les revenus les plus faibles. À la CSG s’ajoutent la CRDS de 0,5 % et, pour les seuls retraités imposés au taux normal, la CASA de 0,3 %. Votre taux dépend du revenu fiscal de référence de votre foyer et de votre domiciliation fiscale, pas du montant de votre pension.
Pourquoi la pension versée en février subit déjà les prélèvements sociaux
La CSG, la CRDS et la CASA ne donnent lieu à aucune réclamation ultérieure de l’administration fiscale. Elles sont retenues à la source par l’organisme payeur, sur le montant brut, avant que l’argent n’atteigne votre compte bancaire. Ce que vous voyez crédité correspond donc à un net après prélèvements sociaux.
Le mois de février ne constitue pas une exception dans le calendrier : chaque versement mensuel supporte les mêmes retenues que celui de janvier. Ce qui peut réellement évoluer en début d’année, c’est le taux lui-même. Quand le revenu fiscal de référence du foyer franchit un seuil, la caisse ajuste le prélèvement, et la différence se lit sur les premières pensions de l’année, dont celle de février. Beaucoup de retraités constatent alors une baisse de leur net sans en comprendre l’origine.
CSG, CRDS et CASA : trois prélèvements aux finalités bien distinctes
L’expression prélèvements sociaux sur la retraite regroupe en réalité plusieurs contributions, chacune finançant un poste précis.
- La CSG (contribution sociale généralisée) alimente la protection sociale au sens large : assurance maladie, branche famille, assurance vieillesse. C’est le poste le plus lourd, avec trois taux possibles en métropole.
- La CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) sert à rembourser la dette accumulée par la Sécurité sociale. Son taux est fixe, à 0,5 %.
- La CASA (contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie) finance la prise en charge de la perte d’autonomie. Son taux est de 0,3 % et elle ne vise qu’une partie des retraités.
Deux retenues supplémentaires existent dans des contextes particuliers. Les pensions complémentaires supportent, pour certains foyers, une cotisation d’assurance maladie distincte de la CSG. Les résidents du régime local d’Alsace-Moselle, eux, voient s’appliquer une cotisation locale d’assurance maladie, souvent désignée par le sigle COTAL. Ces prélèvements ne se confondent pas avec les trois contributions principales.
Taux de CSG sur la pension et revenu fiscal de référence : le barème appliqué
Le taux de CSG ne dépend pas du montant de votre retraite, mais du revenu fiscal de référence inscrit sur votre avis d’imposition, apprécié selon la composition de votre foyer. C’est un mécanisme de progressivité : plus le RFR est élevé, plus le taux grimpe. Le revenu retenu est celui de l’avant-dernière année, ce qui explique le décalage entre un changement de situation et son effet réel sur la pension.
| Taux de CSG | Profil de revenu fiscal de référence | CRDS | CASA | Prélèvement global indicatif |
|---|---|---|---|---|
| Exonération | Sous le premier seuil du barème | Non due | Non due | 0 % |
| 3,8 % (taux réduit) | Entre le premier et le deuxième seuil | 0,5 % | Non due | 4,3 % |
| 6,6 % (taux médian) | Entre le deuxième et le troisième seuil | 0,5 % | Non due | 7,1 % |
| 8,3 % (taux normal) | Au-dessus du troisième seuil | 0,5 % | 0,3 % | 9,1 % |
Les montants exacts des seuils sont revalorisés chaque année par voie réglementaire, et ils sont majorés lorsque le foyer compte plusieurs parts. Mieux vaut donc consulter le barème en vigueur plutôt que de se fier à un chiffre mémorisé. Pour retrouver votre revenu fiscal de référence, la référence reste votre avis d’imposition, accessible depuis votre espace personnel, celui que vous ouvrez habituellement via Impots gouv fr retraite.
Qui peut réellement être exonéré de CSG sur sa pension de retraite ?
L’exonération totale de CSG concerne les foyers dont le revenu fiscal de référence reste sous le premier seuil du barème. Dans cette configuration, ni CSG, ni CRDS, ni CASA ne sont prélevées sur la pension. C’est une mesure de sélectivité : elle vise les retraités aux ressources les plus modestes.
Il faut distinguer cette exonération du taux réduit. Un retraité au taux réduit de 3,8 % paie encore la CRDS, mais échappe à la CASA. Être exonéré de CSG ne signifie pas non plus être exonéré d’impôt sur le revenu : les deux mécanismes sont indépendants, avec leurs propres seuils et leurs propres règles.
Autre point souvent mal compris : l’exonération n’est pas acquise à vie. Elle est recalculée chaque année en fonction du revenu fiscal de référence. Un foyer qui franchit le seuil repasse au taux réduit, puis éventuellement au taux supérieur. Anticiper ces bascules demande un peu de méthode, et c’est justement l’objet d’un accompagnement comme celui évoqué dans Pourquoi passer par un conseiller en ligne pour préparer sa retraite.
Domiciliation fiscale : France, étranger, Mayotte et collectivités d’outre-mer
Le lieu où vous êtes domicilié fiscalement change radicalement les règles applicables à votre pension.
Un retraité domicilié fiscalement à l’étranger n’est, en règle générale, pas redevable de la CSG, de la CRDS et de la CASA sur sa pension française. Il paie à la place une cotisation maladie spécifique, prélevée sur le montant brut. Certaines conventions internationales prévoient des exceptions, il faut donc vérifier sa situation individuelle.
Dans les départements et régions d’outre-mer, les taux de CSG, de CRDS et de CASA s’appliquent comme en métropole, avec des seuils de revenu adaptés au coût de la vie local. Mayotte relève d’un dispositif spécifique, avec une contribution sociale propre. Les collectivités d’outre-mer (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Saint-Pierre-et-Miquelon) disposent de leurs propres règles, souvent alignées sur une exonération de CSG assortie d’une cotisation maladie locale. Résultat : deux retraités percevant une pension identique peuvent avoir des nets très différents selon leur adresse fiscale.
Calcul concret : comment lire le prélèvement sur une pension brute
Prenons une situation simple. Un retraité célibataire, domicilié en métropole, touche une pension de base brute de 1 500 € par mois. Son revenu fiscal de référence le place au taux médian.
- CSG à 6,6 % : 99 €
- CRDS à 0,5 % : 7,50 €
- CASA : non due à ce taux
- Total prélevé : 106,50 €, soit un net de 1 393,50 €
Avec le même montant brut au taux normal de 8,3 %, la CSG atteindrait 124,50 €, la CRDS 7,50 € et la CASA 4,50 €, pour un net d’environ 1 363,50 €. L’écart entre les deux hypothèses dépasse 30 € par mois, ce qui devient sensible sur une année complète. Le calcul s’effectue toujours sur le brut de la pension, jamais sur le net déjà versé. Les éléments variables de carrière influencent eux aussi le montant de départ, comme le rappelle notre article sur la question de savoir si Les primes sont-elles prises en compte dans le calcul de la retraite.
Mise à jour du barème : ce qui se joue réellement autour de février
Les seuils et les taux ne sont pas figés. Ils sont actualisés chaque année, généralement à l’entrée en vigueur de la loi de financement de la sécurité sociale, et les caisses appliquent les nouveaux paramètres au fil des versements. La pension de février tombe souvent à un moment où ces ajustements deviennent visibles, d’où la fréquence des recherches associant prélèvements et début d’année.
Concrètement, deux mouvements peuvent se croiser. D’abord la revalorisation annuelle des pensions, qui augmente le brut. Ensuite le recalcul du taux de CSG à partir du revenu fiscal de référence actualisé, qui peut augmenter le prélèvement. Quand les deux jouent en sens inverse, le net progresse peu ou recule légèrement, ce qui surprend. Pour éviter les mauvaises surprises, une solution consiste à diversifier et à préparer en amont, par exemple avec un dispositif d’épargne longue comme Le Plan Epargne Retraite au Crédit Mutuel, qui apporte un complément de revenus sans dépendre du seul barème des prélèvements.
Vérifier son taux de CSG sur son relevé de pension
Chaque mois, votre relevé de pension détaille les retenues ligne par ligne. Voici comment contrôler rapidement la cohérence de l’ensemble.
- Repérez le montant brut de la pension, avant toute déduction.
- Identifiez les lignes CSG, CRDS et, le cas échéant, CASA.
- Divisez le montant de CSG par le brut : vous retrouvez le taux appliqué (3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %).
- Comparez ce taux à la tranche de votre revenu fiscal de référence.
- En cas d’écart, contactez votre caisse avec votre dernier avis d’imposition.
Si vous cotisez à un régime complémentaire, la gestion du dossier se fait souvent en ligne. Pour les retraités du secteur public, la consultation et la mise à jour des informations passent par un espace dédié, du type de celui décrit dans Comment gérer mon compte Préfon-Retraite. Un taux mal paramétré se corrige, mais rarement au-delà d’un certain délai rétroactif : mieux vaut donc vérifier tôt.
Le taux de CSG change-t-il automatiquement au mois de février ?
Non. Le changement de taux découle du revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année, pas du mois en cours. Février rend simplement l’ajustement plus visible, car les caisses appliquent souvent les nouveaux paramètres sur les premières pensions de l’année. Si votre revenu n’a pas franchi de seuil, votre taux reste identique.
Peut-on être exonéré de CSG tout en payant la CRDS ?
Non. Sur les pensions de retraite, l’exonération de CSG entraîne aussi celle de la CRDS et de la CASA. En revanche, un retraité au taux réduit de 3,8 % continue de payer la CRDS de 0,5 % : exonéré et taux réduit sont deux situations différentes.
Un retraité résidant à l’étranger paie-t-il la CSG sur sa pension française ?
En règle générale, non. La domiciliation fiscale hors de France entraîne l’exonération de CSG, de CRDS et de CASA sur les pensions servies par les régimes français. Une cotisation maladie spécifique est prélevée à la place, selon des modalités qui dépendent notamment des conventions fiscales applicables.
La CASA est-elle due par tous les retraités imposables ?
Non. La contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie, au taux de 0,3 %, vise les foyers redevables de la CSG au taux normal. Les retraités exonérés, ainsi que ceux relevant du taux réduit ou du taux médian, n’y sont pas soumis.
Comment réagir si le prélèvement sur sa pension semble erroné ?
Commencez par comparer le taux déduit du relevé avec la tranche de votre revenu fiscal de référence. Si l’écart persiste, adressez à votre caisse une demande écrite accompagnée de votre dernier avis d’imposition. La régularisation peut prendre quelques semaines et donner lieu à un remboursement du trop prélevé.




